Cours de couture, tutos et conseils gratuits en ligne : la récap

C’est ce que je vous propose chaque semaine sur le blog ici, mais aussi sur la chaîne Youtube : mes conseils, trucs et astuces de couturière pro, mes découvertes, un certain état d’esprit pour réussir mieux, mes tutos …

Pour vous éviter d’avoir à chercher partout et vu la masse de contenu que ça représente maintenant (rhhhooo, je suis bien contente de pouvoir vous offrir tout ça 🙂 ), je fais ici un récapitulatif de tout ce qui est sorti à ce jour.

 

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Allez, c’est parti ! clic sur le lien pour accéder au sujet 😉

 

Pour se mettre dans un bon état d’esprit

Couture et confiance en soi

Pourquoi c’est important de créer

La couture qui fait du bien

6 conseils quand on se sent perdu en couture

Les mauvaises habitudes en couture

Les idées reçues et la couture

L’erreur est le meilleur des apprentissages

A la recherche de la perfection en couture

Comment ne pas se prendre la tête quand on fait de la couture

Patrons et revues de couture : on nous rend dépendant

Patron de couture : comment choisir la bonne taille

Quand la technique bloque la créativité

J’ai pas un physique comme tout le monde

Morphologie en A, H, 8, X, Y, Z, comment savoir

La critique, ce qu’elle nous apprend et qu’en faire 

Un brin de folie

 

Des conseils avisés

Et si je me mettais à la couture cette année

Comment bien apprendre à coudre

Pour débuter la couture : le programme « Je débute la couture » (accessible uniquement par sessions)

Comment faire des coutures parfaites

Comment trouver du temps pour coudre

Pourquoi et comment agencer un coin couture

Comment choisir ses tissus

Comment choisir son mannequin de couture

Comment choisir son papier à patron

Combien de tissu faut-il pour faire une robe, un haut, une jupe, un pantalon

A quoi sert une surjeteuse : en acheter une ou pas

Que vérifier avant d’acheter une MAC d’occasion

Quoi vérifier avant d’acheter une MAC d’occasion, quoi tester et comment (en vidéo)

Ma MAC fait un bruit bizarre

Faire ses patrons sur mesure : mannequin ou coupe à plat ?

Pour apprendre à faire ses patrons sur mesure : la méthode « Je crée mes modèles »

 

Pour apprendre des techniques précises

Comment faire une boutonnière en une seule opération

Comment faire une boutonnière en 4 temps

Nettoyer une machine à coudre avec cannette verticale

Comment nettoyer une machine à coudre avec cannette à plat

Comment faire un ourlet de T-shirt et comment utiliser la double aiguille

Coudre une fermeture non séparable sur un vêtement

Comment reprendre une taille de pantalon

Comment poser un élastique au bas d’une manche ou d’un pantalon

Comment remonter un décolleté de robe à bretelles

Comment poser un biais d’encolure ou d’emmanchure

Comment coudre une pince

Comment coudre un ourlet à la machine

Comment faire un ourlet invisible

Comment cintrer un pull ou un sweat

Comment découdre rapidement une couture faite à la surjeteuse

Comment poser du biais

Comment coudre facilement et rapidement un lien avec du biais

Comment arrêter un ruban de satin

Apprendre à faire un patron : les épaules

 

Des astuces et des idées

Où acheter du tissu à Albi

10 astuces pour dépenser moins

Pour ne plus avoir les armoires qui débordent

Des dizaines d’idées de cadeaux à coudre pour tous

Et encore d’autres idées de cadeaux à coudre

Coudre pour économiser et produire moins de déchets

Faire une grande housse de couette à partir de deux petites

Récup’ de jean : des défis, des idées

Le challenge couture mensuel

Solution pour une couette qui ne passe pas en machine à laver

 

Des tutos gratuits

Bouillottes sèches toutes tailles

Snood

2 en 1 poubelle à fils pique épingles

Sac à main ou cabas en récup’ jean

Sac à dos enfant en polaire

Sac à dos en jean

Sac à courses repliable

Organisateur de sac

Etui à lunettes ou à portable

Portefeuille porte-monnaie 2 en 1

Porte-tarte

Tablier

Panière à anses

Sortie de bain bébé

Serviette à cheveux

Petit gant de toilette pour les enfants

Bavoir

 

 

Comment ne pas se prendre la tête quand on fait de la couture ?

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Celles et ceux qui suivent mes ateliers, cours à domicile ou en ligne le savent, j’ai une vision particulière de la couture. Elevée au biberon de la technique pendant ma formation, j’ai appliqué parce qu’il le fallait pour obtenir le diplôme, mais à côté, je luttais contre ces diktats, voulant de toute force laisser la part belle à ma créativité, les deux faisant très mauvais ménage.

La couture est un domaine où les règles précises sont de rigueur depuis des décennies pour ne pas dire des siècles et si certaines règles sont logiques et incontournables parce qu’elles limitent les erreurs par exemple, d’autres en revanche sont irrationnelles.

Le fait de m’élever contre ces règles suscite plusieurs types de réactions.

Les premiers/premières pensent que je n’ai aucune compétence et imaginent que j’applique donc des petites règles toutes simples à défaut de connaître les « vraies ». Hi hi hi, là, je rigole… Car les fameuses règles, je les connais. Et c’est un choix que j’ai fait de ne pas les appliquer. Ah ben oui, c’est comme ça. Rebelle dans l’âme à tout prix ? Non. Pas systématiquement. En tout cas pas quand je suis d’accord avec ces règles et ça arrive, oui. Comme le respect des marges de couture, par exemple.

Deuxième type de réaction : celle-ci est folle ! Elle s’imagine qu’elle va réinventer la couture ! Mais elle ne voit pas que ça existe comme ça depuis des siècles alors pourquoi on la suivrait, elle ? Pourquoi on changerait nos habitudes ? C’est n’importe quoi !

Troisième type de réaction (qui, je vous l’avoue, m’intéresse le plus) : la curiosité. Tiens… Mais c’est quoi, son truc au juste ? Qu’est-ce qu’elle propose, finalement ? Je ne comprends pas bien, je cherche à comprendre, je pose des questions. C’est vrai, on fait les choses d’une certaine manière depuis toujours mais à chaque fois que je me fais des fringues à partir de patrons achetés, ça ne me va jamais. Ca devrait, pourtant, non, puisque c’est une méthode ancienne ? A quoi ça sert de coudre un vêtement si c’est pour qu’il ne m’aille pas mieux que celui que je vais acheter en boutique ? Les stars ont toujours des fringues qui leur vont comme un gant. Ca veut dire que leur corps est parfait et pas le mien ? Ou bien ça veut dire qu’on conçoit leurs vêtements d’une autre manière ?

Quatrième type de réaction : la mienne (j’ai le droit de l’exprimer ? Hum… Oui, nous sommes en démocratie alors j’en profite !). Quand une façon de faire fonctionne à merveille, je ne vois pas de raison d’en changer, si ce n’est pour gagner du temps, peut-être ou me rendre la tâche plus agréable. Par contre quand une méthode me prend la tête, à l’image de ce cours de coupe à plat :

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que j’ai du apprendre par coeur et que j’ai utilisé pour des dizaines de personnes différentes sans qu’il ne tombe jamais bien et bien là… Je cherche un autre moyen de faire les choses. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas maso, tout simplement. Parce que mon temps est précieux, parce que ma motivation l’est aussi et que réaliser des dizaines, des centaines d’ouvrages qui demandent des tas d’essayages finit toujours par démotiver à moins qu’on ne se fasse payer à l’heure, ce qui dans ce cas là est une motivation vénale plus qu’autre chose… Vous me suivez ?

 

Breffff ! La question que je me suis posée a été en direction des personnes qui ne cherchent pas à augmenter le temps de confection pour gagner plus d’argent, mais celles qui cousent par plaisir. Celles qui ont déjà souvent du mal à dégager un peu de temps pour coudre et se retrouvent déçues, voire carrément dégoûtées quand le résultat est loin d’être à la hauteur de leurs attentes.

Pourquoi se prendre la tête à appliquer des règles ancestrales qui ne sont pas logiques et font perdre du temps pour des résultats plus que moyens ?? Je vous le demande…

Parce que c’est comme ça ? Affirmation gratuite sans réelle réponse, non ?

Parce qu’on ne peut pas faire autrement ? Faux, on a toujours moyen de faire différemment.

Parce qu’on ne sait pas par où commencer ? OK et c’est justement pour ça que j’ai créé cette méthode en ligne. Ce n’est pas LA méthode, la seule, l’unique qui fonctionne. Il doit y en avoir sûrement d’autres, je ne sais pas. Celle-là, c’est celle qui est sortie de mon expérience d’artisan couturière et de prof de couture, ce qui fait qu’elle est accessible à tout le monde, parce que c’est aussi son but : qu’elle soit facile, rapide et efficace pour pouvoir être rapidement autonome et laisser libre cours à sa créativité.

La démarche à suivre : à chaque fois qu’on fait quelque chose, comprendre pourquoi on le fait et non pas appliquer LA règle parce qu’on nous a dit que c’est comme ça.

Ca me rappelle une histoire lue dernièrement et qui va servir de conclusion à cet article. Dans une famille américaine, la mère cuisine la dinde de Thanksgiving dans deux plats séparés après l’avoir coupée en deux. Sa fille lui demande : maman, pourquoi coupes-tu la dinde en deux ? La mère de répondre : parce que ma mère faisait comme ça. La fille va demander à sa grand-mère qui lui répond : ah ça, c’est parce que dans la famille, on fait comme ça, ma mère faisait déjà la même chose. La fille va enfin voir son arrière-grand-mère qui lui répond : la dinde coupée en deux ? C’est tout simple, mon enfant, c’est parce qu’à la maison, je n’avais pas de plat assez grand pour la dinde entière et pas assez d’argent pour en acheter un, alors j’ai eu l’idée de la couper en deux pour la cuire dans deux petits plats…

Voilà, en gros, c’est ça :).

 

 

L’erreur est le meilleur des apprentissages

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Argh !! Je crois que j’ai fait une bêtise…

Ouiiiii ! Vous avez fait une bêtise et c’est tant mieux, j’applaudis fortement !!

Comment ? Vous croyez que je me moque ? Ahhhh non, pas du tout, bien au contraire. Pour moi, l’erreur est la voie royale vers le meilleur apprentissage qui soit.

Faisons un petit parallèle avec les langues étrangères si vous voulez bien, si vous me connaissez, vous savez que c’est mon autre passion;). Quand on apprend une langue, d’après vous, qu’est-ce qui est le plus efficace ? Apprendre des listes de vocabulaire par coeur ou bien découvrir du vocabulaire au fur et à mesure, l’utiliser, se tromper, avoir des remarques et recommencer encore et encore jusqu’à le maîtriser ?

Comment un enfant apprend-t-il à marcher ? En se levant un jour et en partant directement ou bien en tombant, se relevant, retombant, … ?

Oui, c’est l’erreur qui fait le meilleur apprentissage, d’abord parce qu’elle nous marque émotionnellement, de nombreuses études ont prouvé que l’intervention des émotions fait partie prenante du processus de mémorisation. Par exemple, vous vous souvenez sans doute de ce que vous étiez en train de faire ou de l’endroit où vous étiez le 11 septembre 2001 au moment des attentats du World Trade Center, n’est-ce pas ? Par contre, ce que vous faisiez le 13 novembre ou même le 2 juin de l’an dernier, ça… Et pourtant, ces dates sont beaucoup plus proches. Ce sont les émotions ressenties à cet instant qui ont marqué votre mémoire sur le long terme.

Donc si vous ressentez par exemple la peur d’avoir bousillé votre joli tissu en vous trompant, ça va vous marquer, soyez-en sûr(e) ! Et vous ferez automatiquement en sorte de ne pas reproduire la même erreur à l’avenir.

Ensuite, quand on fait une erreur, on cherche le moyen de « réparer », de trouver une solution, ce qui veut dire qu’on devient « acteur », on ne se contente plus d’appliquer une recette toute faite, on agit, concrètement, on devient autonome, donc on apprend, énormément…

Cerise sur le gâteau, quand on a trouvé la solution, en même temps que le ouf de soulagement, on fait en même temps un vrai bond dans la confiance en soi. On s’est trompé, d’accord, mais on a trouvé le moyen de s’en sortir et au final, ça ne se voit pas, voire même, le résultat est beaucoup plus joli que ce qu’on avait prévu au départ. Un petit conseil dans ce cas là : appréciez votre succès et quand on vous félicite, vous n’êtes pas obligé(e) de dire à tout le monde qu’au départ, c’était une erreur, parce que finalement, c’est bien vous qui êtes à l’origine de ce magnifique ouvrage, peu importe le chemin que vous avez du emprunter pour y arriver :).

Interview sans concession – 2ème partie et fin

 

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Suite de l’interview commencée la semaine dernière

1.Motivation intérieure

. Quelle est votre source de motivation tout au long de vos projets ?

Donner des clés aux gens pour qu’ils puissent être autonomes et se faire plaisir avec la couture.

. Si vous pouviez revenir à votre ancien travail, que changeriez vous ?

L’isolation du plancher de mon atelier de couture, j’avais trop froid aux pieds l’hiver ! hahaha

. Une citation particulière pour vous motiver ?

« Fais de ta vie un rêve et de tes rêves une réalité ».

. Trouvez vous le temps d’exercer votre activité comme il vous plait ?

Oui.

. Reste t il du temps pour vous ?

Oui, et j’y tiens, c’est important.

. Que trouvez vous particulièrement agaçant lorsque vous travaillez ?

Les chats qui demandent à entrer et sortir sans arrêt…

. Pensez vous que votre investissement en vaut la peine ?

Oui, ça en vaut la peine.

. En temps normal, êtes vous plutôt : sereine/tendue/en manque d’idées/revancharde ?

. En situation de stress : vous savez gérer à merveille en ne prenant que les aspects positifs/vous avez du mal à vous adapter et êtes agacée/vous êtes totalement instable et pessimiste/vous gardez la tête froide, maîtrisez certains points de la situation même si tout n’est pas réglé

. Que faites vous lorsque vous êtes en manque d’idées ?

Je vais marcher, mais je ne suis jamais en manque d’idées généralement, j’en ai plutôt un peu trop, hi hi. Alors là aussi, je vais marcher pour faire le tri.

. Votre morale de travail, c’est plutôt : seul c’est plus efficace / ensemble nous pouvons créer plus et/ou mieux / il n y a qu’ensemble que nous pouvons avancer.

. Etes vous accablée par un éventuel manque d’efficacité de vos élèves ?

Non, sûrement pas, cette question même me paraît choquante.

. Quelque chose qui vous donne le plus de courage lorsque vous travaillez : la foi en vos objectifs/la soif de revanche/l’amour de votre travail/les peurs que vous avez réussi à surmonter.

. Pensez vous l’échec comme quelque chose : d’essentiel pour apprendre/de démotivant/d’accablant/d’évident/de rempli d’opportunités.

. Comment surmontez vous les peurs liées à votre emploi ?

Je les regarde en face, les accepte et les solutions finissent toujours par se présenter.

2.Relations professionnelles

. Qu’est ce qui motive vos clients (cours de couture) selon vous ?

L’envie de s’octroyer du temps pour soi, l’envie d’apprendre et de créer.

. Qu’aimez vous faire avec eux ?

J’apprécie lorsque une personne arrive avec un projet de réalisation en tête et ne sait pas comment le développer, j’aime lui enseigner les techniques pour y arriver, pour la rendre autonome, lui donner des clés pour aller plus loin et créer encore plus.

. Pensez vous que vos conseils sont retenus par vos clients ?

En partie oui. Tout en sachant que l’apprentissage a besoin de répétition.

. Aimez vous être en contact avec des gens : d’un même milieu socio-professionnel/de milieux très différents, voire opposés/soudés et en opposition à une classe particulière

. Que préférez vous chez ceux avec qui vous travaillez ?

Un état d’ esprit positif et l’envie d’apprendre.

. Qu’aimez vous le moins chez eux ?

Le racisme, le manque de respect.

. Comment tolérez-vous un manque de matériel chez un élève ?

Je mets tout mon matériel à leur disposition, donc aucun souci.

. Arriveriez vous à travailler correctement avec un supérieur hiérarchique ?

Oui à partir du moment où nous partageons les mêmes valeurs.

3. Dans votre domaine pro

. Pensez vous que votre activité professionnelle est un emploi de l’avenir, en plein essor ?

Oui. C’est selon moi important pour un être humain de savoir créer, s’exprimer.

. Songez vous à innover sur une gamme, une niche ?

Ma méthode « Je crée mes modèles » est en plein essor, j’ai encore quelques modules à sortir en français puis en langues étrangères.

. Avez vous une parfaite maîtrise de vos outils de travail ?

Avec mon expérience en couture et en pédagogie, je maîtrise suffisamment les techniques et mes outils de travail pour pouvoir donner mes cours. Ceci dit, la perfection n’existe pas, je continue à apprendre tous les jours, mes erreurs servent autant à mes élèves qu’à moi même, d’ailleurs;).

. Aimez-vous l’originalité dans votre domaine, ou êtes vous plus conformiste ?

Non, je préfère l’originalité, c’est certain.

. Si le conformisme du vêtement était une personne, que lui diriez vous ?

« Je vous trouve un peu triste. Un soupçon de fraîcheur, ça vous dirait ? ».

Pour conclure

. Pensez vous que votre travail puisse servir aux autres ?

Oui, et je me l’entends dire régulièrement, ce qui me fait très plaisir.

. Etes-vous satisfaite de votre travail maintenant ? Des regrets ?

Satisfaite oui, je n’ai aucun regret.

 

 

Interview sans concession – 1ère partie

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Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur moi, j’ai répondu dernièrement au questionnaire d’un étudiant sur mon travail et mes motivations. Avec son accord, je publie le résultat ici, en deux parties, la première cette semaine, la seconde la semaine prochaine pour ne pas vous faire trop de lecture d’un coup, on y a passé un certain temps ;).

1. Par rapport à votre ancien travail

. Que faisiez vous auparavant professionnellement ?

J’avais mon entreprise artisanale, je faisais des retouches, de la confection sur mesure et pour bébés/enfants sous la marque Fleur de Lune.

. Pourquoi avoir changé vos méthodes de travail ?

Ça a été un choix d’évolution personnelle, j’ai toujours eu cette aptitude et cet attrait pour la pédagogie, je me suis régalée avec mon apprentie. Quand j’étais étudiante je donnais des cours de maths, puis ai fait des formations en comptabilité. Enseigner la couture n’était qu’une suite logique.

. Qu’aimiez vous dans votre ancien travail ?

La liberté de pouvoir créer mes propres modèles, surtout le fait de pouvoir adapter en faisant du sur mesure, tant pour les adultes que pour les tout petits. Par exemple, j’ai créé une collection spéciale bébés prématurés, ce qui m’a demandé beaucoup de réflexion technique pour que les vêtements soient parfaitement adaptés aux attentes des services néonat.

. Quels sont les avantages actuels que vous n’aviez pas avant ?

Le fait de pouvoir échanger avec plusieurs personnes différentes, de pouvoir les aider, leur apporter quelque chose.

. Quels sont vos opinions concernant votre ancien domaine d’activité (économie, emplois, professionnels…)

Il est difficile de se faire une place dans ce domaine, si j’avais un conseil à donner aux jeunes ce serait de créer et de se développer dans une niche.

2. Travail actuel

. Quels sont vos objectifs majeurs cette année ?

J’ai travaillé pendant ces six premiers mois avec les particuliers et deux centres sociaux où j’ai mené plusieurs projets dont un sur les poupées Frimousses pour l’UNICEF qui a réuni deux centres sociaux et le lycée Ste Cécile à Albi. Avec les particuliers, je me suis adaptée à leur demande. Sinon, LE projet qui occupe une bonne partie de mon temps et de mon énergie est une méthode en ligne de création de patrons de couture afin que les gens puissent créer leurs propres modèles : « Je crée mes modèles ». Pour le moment, je travaille encore sur le site en français, ensuite, je m’attaque aux versions étrangères, en commençant par l’italien :).

. Où travaillez vous ?

Dans les locaux des centres sociaux où j’effectue mes ateliers deux fois par semaine jusqu’à la fin juin et ensuite chez moi pour les particuliers et l’avancement de la méthode.

. Quand travaillez vous ? Avez vous un emploi du temps particulier ?

J’ai un agenda bien rempli ! Il y a les journées fixes hors vacances scolaires pour les centres sociaux. Pour les cours particuliers c’est à la carte, je réserve les créneaux en fonction des horaires disponibles. Le temps de travail restant est consacré au développement de la méthode.

. Avez vous un projet que vous aimeriez concevoir avec un tiers ?

J’accompagne déjà une quantité de projets au quotidien. Par semaine, je suis en moyenne une quarantaine de projets. Ceci dit, pour le développement de la méthode, oui, j’ai prévu de collaborer avec un tourneur/monteur vidéo et avec un ami italien qui m’aidera pour la version italienne du site et de la formation.

. Avec quel outil travaillez vous le plus souvent ?

Mon agenda ! (rires). Sinon, mes ciseaux de couture et mon ordinateur, pour résumer.

. Quelles sont vos conditions idéales pour bien travailler ?

Une bonne ambiance, détendue, où tout le monde se sent en confiance.

. Y a-t-il des normes de sécurité appliquées à votre travail ?

Principalement les branchements électriques et les épingles (qu’il ne faut jamais porter à sa bouche !).

. Aimez vous les défis ?

Oui, dans la mesure où ils sont réalisables en termes de délai, cela peut être motivant.

. Seule, vous arrêtez de travailler :

lorsque c’est l’heure de terminer/lorsque vous en avez marre/lorsque vous avez terminé

3.Clientèle

. Qui sont vos principaux élèves ?

Les particuliers et les adhérents des centres sociaux

. Comment vous décririez-vous au travail seule ? Avec vos élèves ?

Seule : déterminée, créative, efficace, rapide

Avec les élèves : bienveillante, créative pour trouver des solutions.

. Abordez vous toujours vos élèves de la même façon ?

Non, tout dépend de leur personnalité, je m’adapte.

Avez vous des critères de sélection pour vos élèves ?

Non, je m’adapte à tous les niveaux, débutant ou expérimenté.

 

A la recherche de la perfection en couture

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Elle est belle, on ne voit qu’elle, on l’imagine, on la rêve, on la vise et puis… C’est rageant, hein, mais il y a toujours un truc qui fait qu’on ne l’atteint jamais vraiment. Ou, si on croit l’avoir atteinte, quelqu’un se charge de nous démontrer le contraire. De quoi est-ce que je parle ? De la perfection, bien sûr.

En soi, viser la perfection, ce n’est pas un souci, j’aurais même tendance à dire que c’est un bon signe, un signe de motivation, de forte envie, de challenge peut-être, même. Un signe de sérieux, aussi. Quitte à faire les choses, autant les faire bien. Je suis une adepte de cette façon de penser et je suis exigeante avec moi-même, mes attentes envers moi sont placées haut, voire très haut.

J’ai voulu commencer à jouer d’un instrument à 41 ans, j’ai choisi le violon… Paf, le plus compliqué, quitte à faire ! Parce que ça a un petit côté émoustillant comme ça, de courir après un objectif ultime, c’est un sacré défi qu’on se lance. J’aime cet aspect de la recherche de perfection, celui qui nous pousse à apprendre toujours plus à devenir meilleur chaque jour, dans quelque domaine que ce soit.

Seulement en vous voyant en cours, je me suis vite rendu compte que la recherche de perfection pouvait avoir aussi un effet pernicieux : celui de ne jamais être satisfait de ce qu’on fait, finalement, tant que l’objectif final n’est pas atteint. Et d’en être à ce point tellement peu content qu’on finit par s’en dégoûter et par arrêter, voire même, pire encore, ne jamais commencer.

En fait, je crois qu’il y a deux aspects dans le fait d’avoir des objectifs bien précis et suffisamment hauts placés. S’ils sont trop bas, ils ne sont pas assez motivants à mon goût et puis :

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Mais en fait, je crois que ce qui est le plus important, c’est de profiter du chemin, c’est-à-dire d’apprécier chaque étape de notre progression. On débute, on fait des erreurs de débutant et plus on avance, mieux on fait. Parfaitement, peut-être pas, mais on s’améliore et c’est ça qui compte finalement. Savoir le voir, l’apprécier, se féliciter pour le chemin parcouru, chaque jour, parce que c’est primordial. On n’a qu’une vie, on n’est pas assuré d’atteindre l’objectif tant convoité un jour. Est-ce une raison pour se décourager avant même d’avoir commencé, pour rester au lit et ne rien tenter ?

Avec mon ptit violon, je ne joue pas comme mon idole David Garrett (si vous ne connaissez pas, allez voir, ça vaut le coup 😉 ) et ne jouerai sans aucun doute jamais comme lui. Non pas que je sois plus bête, moins douée ou je ne sais quoi, ça, je n’en sais rien à vrai dire !!! Non mais c’est vrai, qui peut le savoir ? Hahaha. Mais ce que je sais par contre, c’est que je ne jouerais pas 8 heures de violon par jour tous les jours de l’année pour me hisser à un tel niveau. C’est un choix de vie. Par contre, je sais que chaque fois que je prends mon violon en main, c’est un moment de bonheur que je m’offre et ça l’a toujours été, dès les premières notes que j’ai pu sortir. Et c’est ce qui me pousse à continuer, c’est le plaisir que je prends à en jouer et à obtenir des résultats de plus en plus sympas.

Je vous parle de violon comme je vous parle de couture parce que c’est exactement la même chose. Je pourrais aussi vous parler de ce site internet et de ces formations en ligne que je crée, des vidéos que j’ai osées mettre en ligne alors qu’elles n’étaient pas parfaites, faites avec mon savoir du moment, j’ai fait de mon mieux à ce moment là quoi. Oh elles m’attirent pas mal de « j’aime pas » et de critiques, voire de commentaires carrément assassins, je pourrais les supprimer, faire comme si elles n’avaient jamais existé. Mais non, je les laisse. Ca me permet de me souvenir d’où je viens, comment j’ai commencé et de mesurer ma progression tout au long de ce parcours, de ce chemin que je partage avec vous.

Parce que, quand on y pense, la perfection, c’est quoi, finalement, de plus qu’un avis d’une personne sur un point particulier ? Je vais vous donner un exemple : Christophe Willem, dont je suis aussi totalement fan (héhé), a pour moi une voix d’ange, une voix parfaite. Or… Je sais qu’un tas de personnes ne sont pas du tout du même avis que moi ! 🙂 .

C’est relatif, complètement subjectif, la perfection, finalement…

Alors on fait quoi ? On s’en sert comme d’un outil pour nous aider à progresser et on se fait plaisir en attendant ou bien on la laisse nous bloquer au risque de ne jamais rien commencer, de ne jamais rien faire parce que ça ne sera jamais nickel et qu’on a peur d’avoir honte ?

La critique, ce qu’elle nous apprend et qu’en faire ?

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Oh oh, voilà un sujet « critique » qui s’annonce ! Rien à voir avec la couture ? Bien sûr que si et on va même aller au-delà (comment souvent LOL).

Je mets d’emblée à part la critique positive qui en plus d’émettre un avis de manière diplomate nous donne un conseil d’amélioration, je vais parler ici de la critique négative, gratuite, qu’on se reçoit en pleine tronche alors qu’on n’a rien demandé ou pire, qu’on a essayé de faire plaisir en faisant de notre mieux.

« Mon mari trouve que mon ourlet n’est pas parfait », « ma mère a fait des remarques désagréables sur le sac que je lui ai fait pour son anniversaire, trop ci, pas assez ça », « ça me désole, je suis vraiment nulle, je vais arrêter la couture » et j’en passe…

1- Première raison

Vous connaissez cette citation bien sûr : « La critique est aisée mais l’art est difficile ». Critiquer, c’est toujours facile à faire, il suffit d’avoir un état d’esprit négatif et de le laisser déborder hors de soi. Et tout ça pour quoi ? Vous le savez ? Ben tout simplement parce que la personne se sent frustrée pour une raison ou une autre et surtout qu’elle n’est bien souvent pas capable de faire elle-même ce que vous avez fait. Elle ne mesure donc pas ce que ça peut bien représenter comme travail, comme investissement en temps, comme volonté, elle critique parce que ça lui est plus facile… Euh bon ben d’accord alors, ça te plaît pas mais tu voudrais pas te mettre à la couture, toi, histoire qu’on rigole un peu ??

2- Deuxième raison

Ce n’est pas vous qui avez un problème, comme on essaie de vous le faire souligner mais la personne même qui est en train de vous critiquer… Quand une personne nous critique, elle en dit plus sur elle-même et sur son fonctionnement que sur nous. Le mari qui critique l’ourlet comme étant imparfait car décalé d’un millimètre, ça signifie qu’il est méga pointilleux. La mère qui n’est pas satisfaite du cadeau reçu, ma foi, comment vous dire que je la considère comme « mal élevée » (ha ha ha) parce que pour moi, ce ne sont pas des choses qui se disent quand on reçoit un cadeau. Mais bon, c’est ma façon à moi de voir les choses, hein ;).

En tout cas, ça ne remet et ne doit pas remettre en question ce que vous êtes, ce que vous faites, dans la mesure où vous avez fait de votre mieux. Cette personne n’est pas satisfaite de ce que vous lui offrez, du service que vous lui rendez parce que ses attentes sont supérieures ? Hé bien qu’elle aille voir ailleurs et se donne les moyens d’atteindre ses objectifs, tout simplement. Personne n’oblige votre mari hyper minutieux à vous demander de faire ses ourlets  s’il veut une qualité professionnelle, par exemple, qu’il se fasse servir par une couturière pro en échange d’une rémunération et comme ça, tout le monde est content (entre nous, les retouches, c’est déjà pas trop marrant alors bon, faut pas pousser, hein !) 😉 .

3- Troisième raison et non des moindres (aheum !)

Dans un autre domaine, je nomme les critiques gratuites, voire carrément agressives comme j’en reçois de temps en temps, si simples à balancer par internet parce que l’anonymat préserve son émetteur (preuve d’un courage hors norme lol). On les trouve souvent sur les forums ou les réseaux sociaux, sur les blogs ou encore en commentaires de vidéos ou de photos d’ouvrages par exemple. En fait, ces critiques là sont le reflet d’un mal-être de la personne qui les émet. Il faut savoir qu’une personne qui se sent mal, non épanouie finit toujours par devenir aigrie et par vouloir faire du mal autour d’elle.

Ce type de critique agressive ne mérite qu’une chose : on zappe, on supprime et on s’en désintéresse totalement parce que répondre ne sert absolument à rien de plus qu’à attiser la colère, à envenimer les choses, à vous faire perdre du temps ou de l’énergie.

En fait, ces personnes sont malheureuses, ça fait pitié, mais ce n’est pas nous qui pouvons les aider…

4- De manière générale

A partir du moment où une critique n’est pas constructive, elle n’est pas utile. Y penser sans cesse, la ressasser, c’est accorder de l’importance à la négativité de la personne qui l’a émise. Vous savez quoi ? Il y a de très fortes chances pour qu’elle ne s’en souvienne même plus, occupée à aller déposer son venin ailleurs…  Alors cette critique, vous allez en faire quoi ? Continuer à la faire vivre en y pensant, en fracassant votre confiance en vous et vos projets ou bien la remettre à la place qui lui est due, c’est-à-dire à la corbeille ?

PS : j’ai longtemps cherché la perfection pour ne plus être blessée par les critiques. Autant vous le dire tout de suite, fausse piste, c’est un combat perdu d’avance, la perfection n’existe pas, tout simplement parce que ce qui est parfait pour vous ne l’est pas pour votre voisin et vice-versa. Ayez confiance en vous, faites de votre mieux et puis… Qui vous aime vous suive ! C’est tout et c’est bien mieux comme ça, au moins, il y en a pour tous les goûts ♥.

Les mauvaises habitudes en couture

« C’est pas bien d’apprendre tout seul sans prof parce qu’on prend de mauvaises habitudes »

Ah tiens, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas entendue cette phrase-là, au moins 15 jours… La première fois où elle m’a frappée, c’est quand j’ai commencé à apprendre le violon, à 41 ans… Il y a vraiment des domaines comme ça où les idées reçues ont la vie dure dans notre pays ! Et moi qui suis prof de couture, je viendrais vous dire que non, il n’y a pas à avoir peur des mauvaises habitudes quand on apprend sans prof ? Enfin voyons, il faut bien que je gagne ma vie en donnant des cours ! Je scierais la branche sur laquelle je suis assise ???

Et pourtant… Hahahaha

Alors je vais vous dire ce que j’en pense vraiment et ce que je considère comme de mauvaises habitudes :

1- Mettre les épingles à la bouche

C’est LA mauvaise habitude à proscrire, trop dangereux. Vous savez ce qui se passe quand par accident (oui, parce que je ne pense pas que ce soit volontaire, à moins que vous ne soyez fakir), vous avalez l’épingle ? Direction l’hôpital bien sûr et si vous avez déjà du mal à trouver du temps pour coudre, là, je vous assure que vous allez en avoir encore moins…

épingles à tête de verre

Sans blague, je sais que vous n’avez pas 3 mains, moi non plus d’ailleurs, bien dommage, mais les épingles, plantez-les systématiquement sur un petit coussin, ils sont faits pour ça. Ca vous évitera bien des ennuis. Comment ? Ca n’arrive qu’aux autres ? Il faut être bête pour avaler une épingle ? Oui… Parlez-en à celles à qui c’est arrivé et vous comprendrez comment une personne qui passe derrière vous et vous bouscule sans faire exprès ou encore un simple éternuement peut changer le cours de votre journée, voire celui des semaines à venir.

2- Prendre pour vérité absolue tout ce qu’on vous dit comme étant LA règle à suivre sans en comprendre les raisons

Cherchez toujours à comprendre pourquoi vous devez faire les choses comme ça et pas autrement, ne vous contentez pas d’appliquer les « ordres ». Ce n’est qu’à cette condition que vous apprenez vraiment et que vous ne restez pas dépendant(e) d’un système qui cherche à vendre (des cours, des revues, des patrons, etc) plus qu’à vous aider.

ordre

3- Vouloir atteindre la perfection ou rien

Pour la simple et bonne raison que la perfection n’existant pas, vous avez plus de chance d’aboutir à… RIEN.

Ironie mise à part, la perfection, c’est quelque chose de relatif : ce qui plaît à une personne ne plaira pas à une autre. Je suis d’accord qu’il y a des techniques qui donnent un résultat super joli, mais est-ce qu’on a besoin de les utiliser pour tout ce qu’on fait ? Ben non. Chipoter pour un millimètre sur un ourlet de bas de pantalon, je trouve ça ridicule. Et oui, il y en a qui chipotent réellement pour un millimètre, UN MILLIMETRE, quoi, vous voyez ce que ça représente, un millimètre au bas d’un pantalon qu’on voit finalement à quoi, minimum un mètre de distance ? Non franchement, quand vous porterez votre pantalon, qui va aller se mettre à quatre pattes par terre et prendre une loupe pour vérifier s’il n’y a pas un millimètre d’écart, hum ? Alors si quelqu’un le fait un jour… Comment dire… C’est le bon moment pour prendre vos jambes à votre cou !

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Franchement, rechercher la perfection à un point extrême n’aboutit qu’à une seule chose : bloquer votre créativité et votre envie. L’être humain n’est pas parfait, c’est un fait, il nous faut l’accepter et s’en réjouir plutôt que s’en désoler, c’est ce qui fait toute notre originalité et nos différences et je trouve ça beaucoup plus enrichissant qu’avilissant.

4- Refuser de se tromper

C’est un peu en lien avec la recherche de perfection, mais pas que. C’est aussi avoir honte de faire une erreur et du coup, finir par ne plus rien faire parce qu’on se (ou qu’on nous) « dézingue » à chaque fois qu’on se trompe. Mais… Savez-vous que l’erreur est justement LE meilleur moyen pour apprendre ? Que se tromper permet de chercher des solutions pour réparer et ainsi nous marque au point qu’on s’en souvient durablement ? Savez-vous que personne n’a la science infuse, absolument personne, même la personne qui vous critique quand vous faites une erreur ? Vous le savez, ça, hein, rassurez-moi…

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Je vous encourage à être un peu plus indulgent(e) avec vos erreurs et à les accepter avec bienveillance quand elles arrivent car ça signifie que vous être en train d’apprendre quelque chose de durable, quelque chose de beaucoup plus marquant qu’une leçon lue, relue et apprise par coeur.

Rien de mieux que l’expérience pour apprendre et ça, je vous le concède, ça n’est pas toujours valorisé dans notre système éducatif où on prône le diplôme à tout prix plutôt que l’expérience et le savoir faire et savoir être réels. Mais sachez aussi que de nombreux autres pays fonctionnent différemment en valorisant l’expérience concrète plutôt que les « papiers » censés servir de preuves de compétences et je trouve ça beaucoup plus judicieux et logique, non ?

Pour le reste, tout le reste, non, je considère qu’il n’y a pas de mauvaises habitudes. Pourquoi ? Parce que même si vous faites des erreurs en apprenant seul(e), à partir du moment où vous allez comprendre pourquoi vous vous trompez et comment vous pouvez faire pour améliorer ce que vous faites, vous verrez que vos « habitudes » changeront d’elles-mêmes car ça vous semblera évident.

Nous ne sommes pas des êtres figés, nous évoluons et nous apprenons toute notre vie. Et en ce qui me concerne, j’ai beau être prof, j’apprends encore chaque jour et quand je me trompe, je me dis que ce n’est pas grave, qu’il n’y a pas mort d’homme, que je vous fais profiter de mon expérience et je crois sincèrement que c’est comme ça qu’on s’enrichit mutuellement. Je pense vous apporter plus de cette manière qu’en essayant d’incarner une perfection irréaliste.

Patrons et revues de couture : on nous rend dépendant

Aujourd’hui, c’est un article « coup de gueule » que je vous propose, non pas comme un coup d’épée jeté dans l’eau parce qu’on ne pourrait rien y faire, mais plutôt comme le point de départ d’une action.

Vous qui appréciez la couture, souhaitez vous lancer ou en faites depuis des années, vous ne pouvez pas ne pas avoir remarqué les quantités de nouveaux ouvrages, livres, revues et patrons qui sortent chaque année, chaque mois, voire chaque semaine. Qu’est-ce qu’on remarque quand on les feuillette ? Que ça nous donne envie, avec ces belles couleurs, les phrases qui nous vantent les bienfaits de la mode, la nouvelle saison, des conseils de toutes sortes, etc.

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Et qu’est-ce que j’y vois quand je regarde de plus près et que je les compare ?

1- D’abord, qu’on y retrouve d’une année, d’une décennie à l’autre toujours plus ou moins les mêmes modèles, seuls les tissus, les couleurs changent, ah ben oui, quand même, il vaut que ce soit mis au goût du jour pour être vendeur !

2- Le prix !!! Non mais vous avez vu le prix de la moindre revue de couture ? Du moindre patron ? Non mais c’est comme les pelotes de laine, ça, c’est devenu de la folie pure !!! Normal me direz-vous, puisque ça marche, les gens achètent, hé oui… Les lois du marché.

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3- On vous colle un patron dans les mains avec les explications pour le montage et point. Et si vous voulez faire un sac avec d’autres dimensions ? Créer ce vêtement mais avec les pinces au bon endroit pour qu’il vous aille, tout simplement ? Où sont les explications ? Nulle part… Logique, réfléchissez un peu, on ne va certainement pas vous donner la recette qui permettrait de vous rendre autonome et de ne plus avoir besoin d’acheter tous ces patrons et bouquins !

4- Et l’inspiration me direz-vous ? Vous voulez que je vous dise ? L’inspiration, c’est gratuit… On n’a pas besoin de payer pour la trouver, je vous ferai un article là-dessus, vous verrez.

Je me suis longtemps demandée pourquoi on ne nous expliquait pas comment faire de manière simple. Ben la voilà, la raison principale : ce n’est pas du tout parce que c’est compliqué et réservé à des initiés comme on veut nous le faire croire, non, pas du tout, c’est juste qu’il est beaucoup plus rentable de nous vendre 10 000 fois la même chose en nous faisant croire que c’est différent et de nous garder dépendants que de nous apprendre comment créer par nous-mêmes. La voilà, la vraie raison.

C’est pour ça que j’ai pris la décision non pas de vous vendre des patrons à la pelle, les patrons/fiches, etc, moi, je vous les donne (et mes astuces de couture aussi d’ailleurs). Mais vous n’en trouverez pas des centaines parce que ce qui m’intéresse, moi, c’est de vous expliquer comment les faire pour que vous puissiez créer, ne plus vous contenter de recopier. Vous voyez, le commerce, c’est pas mon trip. Mon trip, c’est de vous aider à prendre confiance en vous, car oui, vous êtes capable de devenir autonomes en couture sans y passer des années, de vous inciter à créer pour pouvoir faire ce qui vous plaît vraiment.

Oh, en faisant ça, je sais bien que je me mets des dizaines, des centaines, des milliers (ouhhhh, ça commence à faire beaucouuuup !!!) de personnes à dos, parce que c’est un peu la poule aux oeufs d’or, ce marché des patrons, revues, etc. Bien sûr que me ça fait peur d’aller contre cette « masse », mais en fait, je ne peux pas rester plus longtemps à donner des cours uniquement dans ma petite ville, à ne faire profiter que quelques privilégié(e)s de mes techniques, je trouve ça injuste. Alors oui, je vous le dis, c’est pour ça que je me suis lancée dans le projet d’envergure de vous donner des cours grâce à ce site internet qui touche les francophones, pour commencer.

Et vous savez quoi ? Je ne vais pas m’arrêter là :).

Nanmého ! Y’en a marre, à la fin de nous/vous prendre pour des vaches à lait !

NB : la colère n’est pas toujours bonne conseillère,

mais c’est une formidable source d’énergie quand on sait l’utiliser 😉

Quand la technique bloque la créativité

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Il m’arrive souvent de faire un parallèle entre l’apprentissage d’un instrument de musique et de la couture. D’ailleurs, ce n’est peut-être pas un hasard si certaines de mes élèves les plus passionnées jouent aussi d’un instrument ;).

Pourquoi ce parallèle ? Parce que dans les deux cas, il est question d’apprendre des techniques de base, théoriques, on va dire, souvent avec des calculs et qu’en même temps, on met en pratique avec un tas de gestes précis.

Mais aussi et surtout parce qu’au-delà de ces aspects techniques, il y a la créativité que permettent ces deux activités, si tant est qu’on ne tombe pas dans la marmite technique sans plus pouvoir en ressortir… Je vais vous raconter une histoire, ça parle de musique, mais faites le parallèle avec la couture et vous allez comprendre.

Quand elle était enfant, une de mes collègues a appris le piano au conservatoire, avec classe de solfège, examens et tutti quanti. Arrivée à un certain niveau, elle a même pris des cours d’improvisation, oui, pour apprendre à improviser. Ca ne choquera pas les musiciens qui sont passés par là mais je vous avoue que c’est un sujet épineux entre puristes de la technique et les musiciens qui n’ont pas suivi le même parcours et sont de ce fait considérés comme des amateurs alors qu’ils peuvent être (bien) meilleurs que certains « pros »… Au conservatoire, à partir d’un certain niveau donc, on apprend à improviser et même à composer (créer des morceaux) en calculant. Ok, ok, c’est fait selon des règles super bien étudiées qui prouvent que pour faire un morceau équilibré, il faut suivre le chemin tout tracé. Ok. Moi, j’appelle pas ça de la créativité, mais du calcul, m’enfin bon…

Revenons à ma collègue. Au bout de 15 ans de piano, ayant atteint un super niveau avec ses diplômes et tout, elle arrête, elle n’en peut plus de ne jamais pouvoir exprimer ce qu’elle ressent avec son instrument. Pourquoi ? Parce que tout est cadré, tout est cérébral, tout vise à atteindre la perfection. L’impro ? Elle s’ennuie, elle revient toujours aux mêmes choses, il y a pas vraiment de création. Elle se dit qu’elle apprendrait bien un autre instrument, mais d’une autre manière. Le temps passe, le piano dort…

Un jour, invitée par des amis à un bal trad, elle découvre l’accordéon diatonique et là, c’est le coup de foudre. Elle se lance, veut à tout prix faire un apprentissage d’oreille, c’est facile dans le milieu de la musique traditionnelle, c’est même l’apprentissage de référence. Bien sûr, elle ne renie pas ses années de solfège et sait aussi jouer ses morceaux d’après partitions, mais la grosse différence, c’est que cette fois, les sessions d’impro en groupe, elle les fait avec grand plaisir parce que plus rien n’est calculé, elle fait comme elle le sent et ce n’est pas moins joli, au contraire, c’est même tellement plus créatif ! Aujourd’hui, le piano a rejoint son appartement, il dort toujours. Le diato, lui, est de sortie tous les jours, il fait même partie d’un groupe, anime des soirées, … Une belle vie d’instrument et de musicienne comblée, en somme.

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Combien de musiciens classiques osent se lancer dans l’improvisation ? Combien de couturières aguerries aux techniques les plus complexes osent se lancer dans la création de leurs propres modèles ?

Je reçois parfois en cours des personnes qui n’ont plus rien à apprendre niveau technique mais qui sont perdues, démotivées parce qu’elles ne savent plus quoi faire et surtout comment passer à la marche de la création qu’elles estiment supérieure. En fait, là où on se trompe, c’est que la créativité, on l’a dès le départ, tous et toutes, on l’a en nous, depuis le plus jeune âge. Oui, quand on débute la couture, on l’a, c’est inné, c’est comme ça.

Le problème, c’est qu’à force de l’étouffer sous des tonnes de règles précises, elle finit par disparaître. Et il est dur de retrouver le chemin pour la faire ressortir. Autant en musique, on peut changer d’instrument et choisir d’apprendre autrement, autant en couture, il faut commencer par se débarrasser du carcan qui nous retient prisonnier(ère) et accepter de commencer à voir les choses autrement, comme si on réapprenait, d’une autre manière, sous un autre angle. Rien d’impossible, hein, juste un nouvel état d’esprit à adopter.

Alors j’ai un conseil pour vous qui débutez : ne vous jetez pas à corps perdu dans la technique à tout prix, la boutonnière passepoilée et le rideau bouillonné peuvent attendre. Prenez surtout soin de votre créativité, donnez-lui les moyens de s’épanouir. Donnez-lui des bases pour qu’elle puisse se construire et se développer, des bases, mais pas plus, vous aurez le temps d’apprendre une technique particulière au moment où vous en aurez besoin. Oui, vous pouvez créer vos propres modèles dès maintenant, même en débutant la couture, oui, plus que jamais, c’est un grand OUI !

De la même manière que rien ne m’a jamais plus énervée que d’entendre de la bouche d’un prof de violon (que j’ai gardé deux ans quand même, je me demande encore pourquoi…) qu’il fallait attendre d’avoir une dizaine d’années de technique pour commencer à pouvoir créer mes propres morceaux, de la même manière, je ne conçois pas qu’on puisse imposer à des débutant(e)s en couture de ne faire que des modèles sur patrons et de ne surtout pas essayer de créer par eux-mêmes leurs propres modèles, sous peine d’échec cuisant. Comme si les patrons du commerce allaient par miracle leur permettre de produire des ouvrages conformes à toutes leurs attentes, originaux et tout, hahaha, laissez-moi rire… Comme si, surtout, l’expérience de la copie leur permettait d’apprendre à créer ! Comment, vous avez joué 350 sonates de Mozart et n’êtes pas capables d’en créer une à l’identique vous-même ? M’enfin, mais alors vous êtes nul !!!

Ben non, pas du tout les amis parce que la copie, c’est quoi ? Ce n’est jamais que l’application de règles qu’on ne comprend pas. Bien sûr que vous apprenez à coudre, avec l’expérience, vos gestes se font plus sûrs, mais comment voulez-vous apprendre à créer et devenir réellement autonome si vous ne faites que recopier sans jamais vous exercer à créer par vous-même ?

C’est pour ça que j’ai créé cette méthode. Oh c’est sûr, ce n’est pas un livre comme on en trouve partout, c’est sûr, je n’utilise pas les règles imposées aux couturiers pros, je suis un peu rebelle dans l’âme, moi, vous savez et ça ne plaît pas à tout le monde, hahaha ! Surtout, j’aime pas trop qu’on prenne les gens pour des idiots, comme si vous n’étiez pas capable, vous aussi, de créer avec succès. Mais pourquoi est-ce que ce serait réservé à quelques privilégié(e)s, hum ?

Nourrissez votre créativité et découvrez ce que vous êtes capable de réaliser, même si vous débutez la couture.